25.03.2008

Artefact

Sur ILYS


La France s’agite ces jours-ci à autour des performances et de l’impressionnante carrure du nageur Alain Bernard, en se demandant s’il est où non dopé.

Je trouve toujours cette question-là confondante de bêtise quand elle n’est pas précédée par quelques autres:

Le dopage n’est-il pas intrinsèque au sport de haut niveau?

L’être humain est-il naturellement fait pour accomplir des exploits physiques tels qu’ils puissent faire l’objet d’un spectacle?¨Même quand la nature et la génétique ont pris soins de bien le pourvoir et même quand il travaille beaucoup, est-il naturel que même sur 100 mètres, il puisse courir à la vitesse de quarante kilomètres heure et sillonner la France en bicyclette pendant trois semaines? Certainement pas. Un athlète de haut niveau est aux hommes vigoureux et en bonne santé ce qu’un bœuf d’une tonne et demie est à une belle bête de ferme, ou une courge de dix kilos à un légume de potager sortie de terre sans l‘aide de la chimie, à savoir, littéralement, un homme extraordinaire et monstrueux.

Ils ne sont pas les seuls. Baudelaire aussi, était monstrueux. Pour peu que nous soyons intelligents et doués d’un bon sens relayé par une sensibilité correctement aiguisée, nous sommes en mesure de ramasser nos pensées et prononcer les trois jolies phrases qui toucheront nos femmes au cœur, nous pouvons prédire l’avenir proche et nous faire une idée relativement juste du petit monde qui nous entoure, mais quand un homme trouve les mots qui transperceront des inconnus qui sont encore à des siècles de sa vie où qu’il voit une Amérique devenir cent ans après sa mort une terre de barbarie éclairée au gaz, c’est que l’Opium l’a fait plonger dans la folie où que la folie l’ a fait plonger dans l’Opium.

Les gens normalement lucides sont aptes à voir clair dans le jeu de celui qui sourit comme une hôtesse de l’air en ne pensant qu’à leurs tiroirs caisses où leurs épouses, mais pour déceler le Diable dans les yeux de celui qu‘on auréole vivant, qui s’épuise à faire le bien et le fait tant qu‘il s‘émeut lui-même de sa bonté, il faut, bien davantage que de la sensibilité, les sens pointus d’un animal etsi vous les avez, ceux-là finiront par vous astreindre au banc de la foule, dans un monastère, dans la chambre d’hôtel capitonnée ou s’enterra Proust, où encore en hôpital psychiatrique, à tenter de vriller votre sixième sens et vous débarrasser de ce que les imbéciles de la psychanalyse diagnostiquent avec leurs vues basses sous le nom de délires de persécutions.

Dans tous ces cas, ce que disent où font les hommes n’est pas naturel, ils ne sont plus eux-mêmes des être naturels et se sont dont arrachés de l’état de nature. A l’aide d’artifice quand à la naissance ils n‘étaient pas déjà des monstres, où sans rien se mettre dans le nez si leur cerveau malade génère lui-même la substance chimique qui les feront se transcender.

En quoi est-il immoral de s’arracher à l’état de nature?

Elle est vilaine comme une femme sans fard, sans retouches et sans talons, ennuyeuse comme une course de vélo de sous-préfecture, mortelle comme une phrase torchée par un buveur modéré qui vend ses livres aux coiffeuses, aussi grouillante de miasmes et dégoûtante que la moustache de José Bové après une dégustation de fromages pleins d’asticots.

Que traverse le crâne d’un homme qui rêve d’un monde naturel, sans gladiateurs, sans produits chimiques et sans paranoïa créative? Des pensées bien laides, sans aucun doute.

Ils voudraient des stades où personne n’entrerait pour voler le feu du ciel et gagner, mais chacun pour se socialiser et participer, comme disait l’autre idiot; des vies simples et tranquilles autour d’une table en bois, au cours desquelles nous serions débarrassés de nos obsessions folles et de l’envie de nous dresser sur nos jambes, dominer la nature, la farder, la faire mentir, l’embellir et nous envoler vers la lune quand nous l‘auront épuisé.

Pour le dire d’un mot, ceux qui plein de ressentiment dans la voix réclament un sport sans créatine doivent être dans le fond de sacrés connards.

Il n’est d’ailleurs pas anodin que la pasionaria du contrôle anti-dopage fut longtemps la communiste Buffet. Sans doute la vue d’hommes en short la faisait-elle rêver, la S…. A quoi donc? A des stades Maurice Thorez quadrillés par des éducateurs en survêtement payés par la mairie, très loin des Dieux de l’Olympe et de leurs songes.

Commentaires

très juste tout cela
et puis peut-être que le Sport avec un S, celui des dieux du stade, pas des cyclistes du dimanche, vise à édifier et non à éduquer
comment admirer ce qui est simplement humain ?

Ecrit par : Julius | 25.03.2008

Admirer? Qu'est-ce c'est que ça??

Ecrit par : XP | 25.03.2008

Alors là, vous arrachez sa faucille à Saturne pour moissonner le champ des plus vastes étoiles. C'est à faire saigner les dieux et geindre les madones, que les pieta torturées pleurent leur azur anglant. Enfin c'est beau, fou baroque, échevelé, ça a mille pieds de haut, ça pétrie de l'extase. Une prose qui se cogne la tête à la grandeur,jusqu'à défoncer le portail

Continuez XP, naviguez, hors des lois, du bon goût et de tous les conseils. Vous y êtes déjà, vous serez un monstre splendide aux écailles très précieuses.

Ecrit par : Restif | 26.03.2008

C'est vrai votre style à de la démesure, une démesure que je vous envie soyons honnête... La démesure qui excuse les scories, chose que je ne puis hélas me permettre embourbé que je suis dans une fatale mesure.

Restif a raison continuez à écrire et j'ajoute: sans vous perdre dans l'esprit ILYSéen. Cette note échappe à ce travers.

Ecrit par : Tang | 26.03.2008

Bin dites moi... )

Ecrit par : XP | 26.03.2008

Observez bien, cher tang: cette note est en plein dans l'esprit que vous évoquez.

Ecrit par : XP | 26.03.2008

Hum je ne crois pas XP... Il y a une vague ressemblance d'esprit si vous voulez mais comme entre une toile de maître et une reproduction... Ceci dit pour l'analogie, nullement pour la valeur absolue malgré le bien que je pense de votre style.

Ecrit par : Tang | 26.03.2008

Hum je crois que parmi vos liens se cache un intrus... Charle Legrand n'est pas le Grand Charles. Il a changé de camp dirait on...

Ecrit par : Tang | 26.03.2008

Allons allons,Tang... Relisez bien notre ami Charles Legrand:)

Ecrit par : XP | 26.03.2008

C'est vrai que ce qui fait votre singularité dans ce texte - sa puissance lyrique, sa force d'invention, cette danse avec les dieux et les images dans ses moments les plus flamboyants -dépasse le cadre d'Ilys. Il ne le défigure pas, ne le dépare pas et peut s'y intégrer sans problème , mais les images les plus verveuses, les plus habitées, et jusqu'au ton où se marquent une profondeur de ressentit, un étouffement, la fulgurance d'une douleur qui vous est propre, porte votre emprunte et font éclater le cadre ironico-critique de la société et du politique cher à ilys. C'est très loin d'être une critique vous savez! et ca ne gène aucunement ilys. Ce n'est pas moins,c'est plus.

Ecrit par : Restif | 26.03.2008

portENT...

Ecrit par : R. | 26.03.2008

XP: je n'ai pas lu le site dudit, je ne m'intéresse pas à la politique et je peine à lire un billet n'évoquant que cela. Aussi nai-je pas vu la parodie.
Je rejoins donc pleinement les analyse de Restif qui va me faire le plaisir d'aller bosser au lieu de taper dans la précipitation et une langue par conséquent bien malmenée!

Bien à vous deux. Bon courage à vous R.

Ecrit par : Tang | 26.03.2008

Amen!

Ecrit par : R (a work in progress). | 26.03.2008

Les commentaires sont fermés.