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15.01.2008

Notre mode de vie n'est pas négociable.

J’ aime bien George Bush.

Vraiment.

Je sais que c’est le genre de choses qui énerve du monde, un truc à se faire reprocher son orthographe, mais ça tombe bien, car non content d’aimer George Bush, j’aime aussi énerver du monde.

Sans compter qu’énerver du monde, ça permet en vertu d’une logique toute schmittienne de se faire des amis, et comme tout cela est décidément sacrement bien foutu, il se trouve qu’en sus d’aimer George Bush et énerver du monde, j’aime aussi me faire des amis.

Je l’aime pour une phrase qu’il décline sous différentes formes selon qu’il ait à renvoyer dans leurs grottes où leurs planques dans la fonction publique les verts Islamistes où les verts écolos, les fous furieux qui veulent détruire les tours New-Yorkaises où les abrutis qui démontent les Mac-do en exigeant qu’on mange leurs fromages de merde remplis de petites bêtes.

Ils dit en substance à ces gens cimentés par une haine commune de la civilisation occidentale et chaque jour un peu plus par des accords électoraux que « notre mode de vie n’est pas négociable ».

Il est frappant que si peu de monde ait noté que cette réplique est la marque d’un homme d’état visionnaire tout autant que celle d’un défenseur inspiré de la Chrétienté.

D’abord, je prend le pari que cette saillie apparaîtra un jour aussi troublante et proverbiale que les plus fameuses de Churchill, quand la secte écologiste sera devenue ce qu’elle est, à savoir une entreprise criminelle, un bouillon de ressentiment , la cristallisation d’envies plus où moins conscientes de casser la gueule à l’humanité toute entière où pour le moins la fliquer, la rationner et punaiser le programme de ses jours sur la porte de la cuisine .

On se rappellera un jour qu’elle était stoïquement lancée par un président des States aux heures ou des millions d’idiots utiles s’extasiaient devant la propagandastaffel verte d’Al Gore et triaient leurs ordures en fermant leurs robinets d’eau chaude comme on communie, pour se sentir engloutis dans .un mouvement de foule perpétuel.

Ensuite, Ce mode vie occidental rempli de femmes à poil maquillées comme des 604 d’arabes, de 4.4 aux jantes Chromées, de navets avec Galabru en vedette tournés dans les années 60 qu’on regarde en s’esclaffant comme si c’était de l‘Aristophane, d’écrans plasma qui valent la peau du cul, et je vous en passe, il se trouve qu’en dépit de toutes ses tares, c’est le notre et qu’il n‘est en effet pas à négocier.

A réformer tous les jours, certainement, car c’est son essence même qui l’exige; à remettre en cause en interne chaque matin par ceux qui veulent assurer son triomphe, sans aucun doute, mais pas à négocier avec ceux qui rêvent de lui planter un bâton de dynamite dans le cul à l’issu de la table ronde. Jamais.

On doit le défendre en premier lieu parce que la grandeur d’une civilisation se juge à la qualité de sa camelote. Les chefs d’œuvre, les civilisations les plus pourries arrivent toujours à en pondre, en lançant par exemple au fond d’une geôle un poète pour qu’il laisse un livre impérissable et en lui coupant les deux bras dans l’espoir qu’il se fende d’une trilogie. Ce n’est pas tant Tite Live où Cicéron qui témoignent de ce que Rome était grand sous l’Empire, mais la fascination qu’exercent encore les très vulgaires jeux du cirque, alors qu’à l’inverse, la ridicule Urss qui aura laissée Soljenitsyne en héritage n’aura in fine sortie de ses usines que des Sodas aux goûts de pisse et des trabans.

Mais surtout, ce fatras d’objets, de vices et de marottes parfaitement inutiles pour l’élévation de l’âme est néanmoins le corollaire parfaitement indispensable d’une civilisation qui a pris acte de ce que ciel et la terre sont séparés et de ce que les hommes ont le devoir d’exercer leurs libres arbitres. Il en va d’eux comme des peuples, ils se doivent de parcourir des existences jonchées de pleins et de déliés, provoquer des crises pour en sortir, partir, revenir, s’abîmer, ressurgir, tenter de toucher le ciel sans jamais l’atteindre, d’un mot vivre en Chrétien, en vrai Chrétien qui finira peut-être ses jours dans un monastère, mais guidé par la foi et son libre arbitre, et non parce qu’une autorité lui aura mis à la naissance un road book entre les mains.

La civilisation occidentale n’a pas besoin d’un road book rédigé par un politburo, un prophète du désert où un écologiste à col roulé et à pipe, elle a besoin d’une route avec des peep-show où des bars à pute sur sa gauche, et des vastes forêts où des Cathédrales sur sa droite.

Pour que chacun se démerde

Commentaires

chapeau l'XP

Ecrit par : Pat | 16.01.2008

"La civilisation occidentale (...) a besoin d’une route avec des peep-show où des bars à pute sur sa gauche, et des vastes forêts où des Cathédrales sur sa droite."

Un peu comme en Espagne, finalement.^^

Ecrit par : Tibo | 16.01.2008

Je n'ai jamais mis les pieds en Espagne, mais je sais maintenant ce que je vais faire l'été prochain:D

Ecrit par : XP | 16.01.2008

Putain. J'en reste pantois. Bravo pour ce texte, il est excellent.

Ecrit par : Liquid | 17.01.2008

Merci beaucoup!

Mais c'est bien plus lisible ici:

http://ilikeyourstyle.net/index.php/2008/01/15/notre-mode-de-vie-n%e2%80%99est-pas-negociable/

Ecrit par : XP | 17.01.2008

C'est en effet un bon texte, mais le problème est toujours le même. L'Homme ira toujours dans le bar à putes, et non dans la Cathédrale. De telle sorte que les deux côtés de la route seront deux côtés gauche. La nature humaine non plus n'est pas négociable.

Ecrit par : xyr | 18.01.2008

xyr, Merci pour la bourde du titre au fait!

Donc, partant de la nature corrompue de l'homme, vous préconiser la Théocratie?

Ecrit par : XP | 18.01.2008

La théocratie Bloy, la préconisait !La France gouvernée directe par le Pape ! Tout en engueulant copieusement le clergé, le cher Vieux de la montagne...ce qui faisait bien rigoler son copain Allais) Bon, les Etats-Unis ne me semblent nullement responsables de cette stérilisation des arts, des passions et des caractères qui frappe le monde dit "occidental" (stérilisation qui n'est peut être d'ailleurs -au moins pour les caractères -qu'une apparence due à des médias prônant l’abjecte consensus que de pseudo débats tentent en vain de masquer).
Et puis les cathédrales, on avait commencé à les laisser de côté bien avant qu'il y ait des peep show . Le symbolique Homais date de 1856, à la même époque Michelet et Hugo, farouchement anti-cathos (Michelet tançera même sévèrement Hugo pour Mr Miriel) prévoyaient la disparition de la papauté … Quant à Zola, il finira en écrivant « ses » Evangiles. Alors la débandade d’une civilisation de l’esprit remplacée par un pragmatisme rationnel (assez atroce à mes yeux), ça commence déjà à dater. Nul besoin de l’Amérique pour lancer l’ère de la technique si bien épinglée par Heidegger et Bloy avant lui. Tocqueville dans la deuxième démocratie a tracé le portrait de notre avenir, il suffit de le lire pour réaliser quel voyant il fut : fin de l’élitisme, en Art notamment. etablissement de la moyenne en tout. C'est la médiocratie balzacienne. L'Amérique n'est au fond que la projection des rêves des utopistes anglais et français, rêves adaptés à la réalité, retaillés par l’éthique protestante et "l'esprit pionnier". Et puis ... L'Europe a rejoué Armagnac contre Bourguignons, elle le paye infiniment, et là encore, ce n’est pas la faute de l’Amérique. Bref, ayons la virilité d'accepter notre responsabilité.
Les peep show sont infiniment moins dangereux que ce comportement d'ilotes ronchonneurs (je ne dis pas ça spécifiquement pour vous Xyr, vu que votre réflexion sur la matrice et la robotisation des consciences dépassait une simple critique des USA. Mais justement, vous devez bien réaliser que la transformation, le formatage du biotope humain dépasse, et de loin, l'ethos américain qui semble si fort vous déranger).

J’ignore si le message : « notre mode de vie n’est pas négociable » restera comme une des formules majeures de l’histoire –c’est au moins un avertissement très claire. Ce que je sais surtout, c’est que pour reprendre Toynbee, « history is back to move » (étant entendu que le mouvement ne cesse jamais mais qu’il y a désormais polarisation/accélération). Comme nous l’a montré la triste expérience yougoslave et notre abandon du peuple Serbe, si nous ne bougeons pas, les américains, comme tout peuple que l’histoire place en avant, nous imposerons ce qu’ils pensent être le bien. A nous d’agir - et non seulement réagir - intelligemment.

En passant, pour le plaisir de saper un lieu commun, René Girard nous dit que la « religiosité » américaine est très exagérée et que, sur le plan de la défense de la laïcité, les deux peuples se ressemblent énormément (interdiction des sapins de Noël en ville pour par choquer le non-chrétien par ex). Quoi qu’il en soit, pour l’instant et sans doute pour longtemps, un humanisme en décadence doctrinale reste infiniment plus vivable que l’imposition d’un état bâtit sur la politisation totalitaire du religieux.
Certes, le résultat est un monde bien peu enthousiasmant, et le consumérisme bouffe allégrement tout ascétisme mystique (mystique au sens large. D’évidence, un athée peut être « mystique » dans son appréhension du monde) . Mais c’est le choix des hommes, qu'on ne va pas rééduquer. Un choix qu’on peut trouver, en profondeur, franchement déprimant, c’est le cas pour une infime minorité que je ne comprends que trop bien. Mais la vie se moque des infimes minorités…

Ps Cher Xp, juste un mot sur le problème de l’Eglise abordé sur un autre fil. J’ai supporté quelques années une école libre où les prêtres étaient insupportables, haineux, plein de rancœur. Lors de mon mariage catholique en Russie, j’ai rencontré enfin de vrais religieux emplis d’enthousiasme sacré, fort peu tolérant sur les manquements aux devoirs du chrétien et habité par le sens, leur mission et l’Amour. En France, je ne retrouve pas ça. C'est peut être une piste : ici des fonctionnaires de la foi; les autres partent au loin.

Ecrit par : Restif | 18.01.2008

Concernant les Catholiques, j'en suis bien d'avantage au stade des questions que des réponses; Pourquoi sont ils odieux dans des proportions aussi importantes, et pourquoi ont-ils cette manière si particulière et indéfinissables d'être odieux? Je ne sais pas vraiment, mais je sais qu'on est devant un phénomène absolument troublant et majeur.
Je regrette que ce sujet ne soit pas abordé sur la toile par de Catholiques sincères... Polydamas pourrait y contribuer, par exemple... C'est bien dommage que le cas du dir. Cab de Boutin ne soit pas abordé
par les sites Cathos, Entre autre.

Bloy était pote avec Allais? Tiens, je vais aller voir ce qu'il en dis dans le journal, je trouve ça marrant!

Pour les "évangiles" de Zola, Muray en fait une analyse percutante dans ses "exorcismes spirituels";

Ecrit par : XP | 18.01.2008

Oui, Bloy était pote avec Allais particulièrement au temps du Chat noir où ils se marraient beaucoup ensembles. Bon dès 92 ( ou 91, je peux vérifier if you wont) il l'nscrit sur la liste de "ceux qui m'ont lâché", tout simplement parce qu'Alphonse, malade, n'a pu venir à un déjeuner. Ceci dit, Allais ne se fâchera pas et Bloy restera toujours très cordiale avec son camarade qu'il place dans l'une de ses Histoires désobligeantes. Je vous laisse lire le reste - merci à P. Glaudes pour son merveilleux index. ( Je possède l'article dont Glaudes parle en note. Mais le mieux est le Caradec sur Allais avec tout un chapitre sur leurs rapports.)

L'analyse de Murray m'intéresse, faudra que je trouve dans quel exorcisme c'est. Je connais celle qu'il fait dans " Le 19 ème à travers les âges". L'"analyse" au lance-flammes de Bloy est géniale ( il baffe sévère Fécondité).

Pour les cathos, ma petite experience sibérienne me pousse à préciser : "les cathos Français" . Ils étaient déjà insupportables du temps de Bloy alors... Moi je ne donne pas de réponse, juste un témoignage,ce que j'ai ressenti.

Ecrit par : Restif | 18.01.2008

Je viens de vérifier: 15 jours après la mort d'Allais, il le voit en songe:

15 novembre 1905: "réveillé au milieu de la nuit par l'émotion très douce d'un songe. Je revoyais Alphonse Allais qui n'était pas mort (...). Il y avait beaucoup de paix et d'amour. C'était comme la sensation bizarre et intraduisible du pauvre Allais sauvé de la mort pour avoir aimé la lumière et la paix des champs?"

Ecrit par : XP | 18.01.2008

XP, je ne préconise rien de particulier. Pas je réprouve absolument l'esprit bushien, c'est tout. On aurait pu faire le même texte avec Ben Laden.

J'aime bien Ben Laden, car ses avions dans les tours sont aussi une sorte de "Notre mode de vie n'est ps négociable" en réponse aux intrusions permanentes des USA sur les autres nations, sur leur flicage mondial.

Et puis vous parlez des "fous furieux qui veulent détruire les tours New-Yorkaises". Ok. Mais j'aimerais savoir quel genre de personnes est celui qui massacre des centaines de milliers de gosses sous les bombes, qui humilie des peuples entiers, par vanité universaliste. J'aimerais savoir si ceux qui sont passés par Dresde, la Bosnie, Hiroshima ou encore l'Irak ne sont pas des fous furieux.

Pour ma part je pense que cette américanophilie est plus une façon d'agacer les gauchistes alter-merdeux (qui me répugnent tout autant), et les islamophiles de pacotille, mais cette position n'est pour moi pas tenable sérieusement.

Un mec qui fout la merde partout, même en l'assumant, moi ça me fait pas bander. Je ne suis peut-être plus assez ado pour ça, plus assez "no future". Je méprise Al Gore et sa propagande, cela n'empêche que Bush et ses potes sont les plus gros pollueurs et que faire un "fuck" à tout le monde ne change pas les faits. Un connard qui s'assume reste un connard.

Leur politique générale au niveau mondiale relève de l'abject esprit universaliste dans toute sa splendeur. Oscar Wilde disait "Les Etats-Unis sont passés de la barbarie à la décadence, sans passer par la civilisation."

Freud disait "Les USA sont une erreur. Une gigantesque erreur."

Alors oui, Bush m'est peut-être plus sympathique que Ben Laden ou Bové, mais de peu. De très peu. Je ne peux me réjouir de voir fleurir dans mon pays les boîtes de nuit et les bars à pute, même au nom du Divin Libre Arbitre.

Ecrit par : xyr | 18.01.2008

C'est de Barbey d'Aurevevilly "les états-unis sont passées ..." . Méfiez-vous xyr, Oscar était un gros pompeur (voir le télégramme de Whistler à Mallarmé juste avant la venue de Wilde : "serrez les couverts").

Quand aux boites de nuit et bars à putes, on a pas eu besoin des usa pour ça -ainsi que je le disais un peu au dessus. Vous mettez sur le dos des Etats-unis ce qui est plus largement occidental. Ilsne sont pas le point originel de la décadence...

Ecrit par : Restif | 18.01.2008

xyr, je ne vous ai pas répondu parce que vous posez pas mal de problèmes et que je voudrais prendre le temps nécessaire.

Mais je me souviens que j'avais fait un texte qui approfondissait le sujet, qui s'appelait "la métaphysique de l'Islam", il est dans mes archives, si le coeur vous en dit.

A+

Ecrit par : XP | 18.01.2008

Restif, je crains que vous ne m'ayez pas compris. Je ne fais pas des USA la source du Mal. Vous avez noté que mon blog ne s'appelle pas "A l'ombre de George Bush". J'ai bien conscience que le modernisme dont on parle prend son socle idéologique bien plus tôt. Il y aussi une responsabilité française. Mais je précise que les idéaux démocrates ne sont pas, contrairement à ce que l'on dit, des idées franco-françaises. Elles furent présentent avant en Angleterre (comme vous l'avez dit) mais aussi aux USA eux-mêmes. C'est justement cet esprit pionnier du Nouveau Monde qui tourna le dos à l'Europe chrétienne pour bâtir Ex Nihilo. Rationalisme, athéïsme, etc.

Bien sûr MacDo ou le Spring Break ne sont pas les causes mais les conséquences. Mais je pense qu'il ne faut pas se contenter de faire référence aux idéaux originels. On ne peut pas dire qu'il n'y a rien de nouveau sous le Soleil. Il y a des évolutions, la décadence américaine est à la fois conséquence des maux passés mais aussi cause des maux présents et futurs. La chute appelle la chute, c'est auto-alimenté.

Je pense que nous sommes d'accord sur le fond.

Ecrit par : xyr | 22.01.2008

xyr : Rien à redire à votre analyse sur les idéaux. Et je ne vais pas pinailler car je pense, moi aussi, que nous sommes d'accord sur le fond. Oui, c'est auto alimenté; quant à la chute ... "la loi de la chute est d'aller en s'accélérant" (Bloy)- rencontre signifiante. Un monde en voie bien avancée de stérilisation ne peut pour l'instant être combattu qu'avec une rage lucide contre ce qui nous arrache l'âme (quel que soit ce qu'on met derrière le mot). La gloutonnerie comme projet de vie ... notre "modernité", notre avenir, un avenir de plus en plus gavé. Et bien continuons à survivre...

Ecrit par : Restif | 22.01.2008

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