11.05.2008
Déjà partis
http://ilikeyourstyle.net/index.php/2008/05/11/deja-partis/
Je viens de parcourir un reportage sur les CPF sans papiers qui n’hésitent plus à sortir au grand jour. A la vue de ces gens défilant dans les rues de la Capitale alors qu’ils sont très légitimement recherchés par la police, je me suis mis à penser à Worldpress. A Ilys. Au bol à cornichon. A moi. Moi aujourd’hui et moi demain. Moi dans vingt ans, si mon cancer du poumon, mon foie d’ivrogne et mes fantômes me laissent aller jusqu’ à 50 ans.
Nous retiendrons un jour qu’à l’heure précise où les toujours clandestins n’ont plus été tenus à la clandestinité, on pouvait écrire tous le mal qu’on en pensait à la seule condition de prendre leurs places. Il s’agit d’une clandestinité sans frissons, sans radio Londres, sans balles dans la peau, sans bâillons et sans cochons dans les valises, mais d’une clandestinité authentique .
S’exprimer à partir d’un hébergeur américain pour se protéger de l’appareil judiciaire et des coups de ciseaux du ministre de la police, cela consiste stricto sensu à se faire éditer à l’étranger, cacher son identité véritable aux autorités pour éviter ses foudres et même lui faire oublier que l’on est toujours sur le sol de France. .
Ceux qui parlent encore d’eux-mêmes dans ce pays se sont déjà exilés. Ce n’est pas grave. C’est même très amusant. La fée technique nous camoufle si bien qu’à l’instar de Muray, on peut se délecter de la catastrophe aux terrasses des troquets les plus classieux. Comme lui, , je trouve la post-modernité plus propice à la création que les Alpilles ne l’étaient sous les yeux de Cézanne, et l’art est une chose bien plus précieuse que la vie.
Pour rien au monde je n’aurais voulu naître avant, mais je sais de quoi ce drôle d’exil nous parle et ce qu‘il annonce. Je sais qu’un jour, il nous faudra partir pour de bon ou pour le moins qu’il nous faut vivre avec cette idée subito. Pour apprendre à l’aimer.
C’est beau la Corse. Et la Floride, aussi. Il y a du soleil presque toute l’année, là-bas… Avec une prudence toute terrienne, mes parents ont déjà réglé leur succession… Mes quelques économies sont au Liechtenstein…Worldpress est aux States… L’occident chrétien à de quoi faire sauter vingt fois la planète, si on l’emmerde de trop… Il a dans ses livres toute la sagesse requise pour que soient châtiés ses ennemis du dehors et ceux qui sont dans son ventre…Un jour, il enverra des pères fondateurs sur Mars, poursuivra sa geste et fera de la terre un cloaque à pouilleux gigantesque. Une Wallonie francophone et diverse étendue du pole nord aux pôle sud… Last but not least, Après le Dies Irae, Nous serons délivrés….
Voyez comme la vie est belle. Vraiment belle, putain.
Seuls l’espoir et les illusions pourraient venir nous la gâcher.
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10.05.2008
Happy birthday Israël
La jeunesse est un naufrage
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Pas de godelureaux bronzés, de la fesse!
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08.05.2008
Les trois étapes
“Maintenant, le réveil farouche et orthodoxe est un phénomène mondial. Il faut vivre dans la lune pour croire que l’on pourra “intégrer” des musulmans pacifiques et non conquérants. Il faut oublier ce qu’est la rémanence du sentiment religieux (ce que je ne puis développer ici). Il faut oublier la référence obligée au Coran. Il faut oublier que jamais pour un musulman l’Etat ne peut être laïque et la société sécularisée: c’est impensable.
Il faut enfin oublier comment s’est faite l’expansion de l’Islam du VIe au IXe siècle. Une étude des historiens arabes des VIIe et IXe siècles, que l’on commence à connaître, est très instructive : elle apprend que l’islam s’est répandu en trois étapes dans les pays chrétiens d’Afrique du Nord et de l’Empire byzantin. Dans une première étape, une infiltration pacifique de groupes arabes isolés, s’installant en paix. Puis une sorte d’acclimatation religieuse: on faisait pacifiquement admettre la validité de la religion coranique. Et ce qui est ici particulièrement instructif, c’est que ce sont les chrétiens qui ouvraient les bras à la religion soeur, sur le fondement du monothéisme et de la religion du Livre, et enfin lorsque l’opinion publique était bien accoutumée, alors arrivait l’armée qui installait le pouvoir islamique — et qui aussitôt éliminait les Eglises chrétiennes en employant la violence pour convertir."
Jacques Ellul
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Le roi était nu
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Je n’aime pas mai 68. Je n’en ai guère de souvenirs précis, car j’étais beaucoup trop jeune à l’époque pour me plonger dans les évènements. 12 ou 14 ans à peine. Je ne sais pas exactement, il n’y a pas d’état-civil au Zaïre(*).
Ce que j’aime le moins dans mai 68, ce sont les quarante mois de mai qui ont suivi. Chaque années, cette date anniversaire divise bruyamment la France entre les abrutis qui défendent l’héritage et les crétins qui veulent le liquider. Ça devient pénible, à la longue.
D‘un côté, la gauchiasse qui pue comme tous les rouquins à tâches rouges. Elle fait remonter à cette époque l’avènement de la liberté d’expression, alors que la chape qui surplombe l’Agora du Frankistan est précisément faite des pavés qu‘on lançait en ce temps-là, comme les drapeaux rouges flottant sur las bâtiments publics le laissaient augurer.
Les sots me rétorqueront que les mœurs publics et privés furent en partie libérés pour l’occasion, tant les adeptes des raisonnements tronqués ne saisiront jamais que la liberté de dire et de penser sont des valeurs patriarcales qui se portent avec le stetson. Elles requièrent un goût prononcé pour l’indépendance et le châtiment sans pitié de ceux qui enfreignent la Loi, pénètrent dans les propriétés privés où reluquent des culs déjà pris..
La permissivité matriarcale n’est en fait tissée que par d’incessants petits cris de femelles et de rappels à l’ordres qui empilés les uns sur les autres font des miradors très présentables et d’autant plus efficaces qu’ils se bâtissent sans qu’on y prenne garde. On y gagne quand on veut tuer quelqu’un sans raison ou gagner sa vie en détroussant les vieilles, puisque Big Mother l’hystérique, celle qui pourrit la vie de toute sa portée, cache toujours son petit que son père cherche pour lui dévisser la tête. Cependant, c’est avec ce père old school qu’on peut mettre les pieds sur la table et siroter des bières, aussitôt que la mère est à la cuisine ou à l’hôpital psychiatrique.
Dans une société où l’on sait manier la guillotine et tenir l’avortement pour un tabou, on pense ce qu’on veut de l’une et de l’autre, mais la réciproque n’est pas vraie. Mai 68 a liquidé ce qui pouvait s’apparenter de loin au deuxième amendement de la constitution américaine, et partant, elle fait un sort à ce qui ressemblait au premier, tant les deux sont indissociables. Le seul peuple d’occident qui fait encore la guerre, c’est aussi celui où des barges ont le droit inaliénable de se réjouir en groupe devant la dépouille d’un G.I. tué au combat, sous les regards méprisants de ses frères d‘arme, tandis que les nations pacifistes gâchent leur testostérone à la chasse aux mots de travers.
Les contempteurs de Mai 68 sentent eux la naphtaline et regrettent ce que l’ancien monde avait de pire. Son école républicaine pleine de psychorigides faisant lire la princesse de Clèves aux tirailleurs Sénégalais pour en faire des républicains, Césaire à la rue d’Ulm et les curés qui inspectaient les dortoirs pour voir si les mains étaient bien posés sur les couvertures.
Paul-Marie Couteaux relate quelque part la conversation qu’il eut un jour au fond d’un taxi avec Daniel Cohn-Bendit. Moi, j’aurais voulu être le chauffeur, pour traiter l’un de liberticide-libertaire et dire à l’autre que la grandeur ne s’achète pas chez les antiquaires. Si tôt dit, j’aurais inventé une panne d’essence et fait descendre ces deux-là pour le seul plaisir de redémarrer en klaxonnant.
Mai 68 devrait nous évoquer une autre chose, et si elle était dite, elle serait aussi cruelle aux oreilles de Cohn-Bendit qu’à celles de ce cher Paul-Marie. La vérité, c’est qu’une poignée de groupuscules gauchistes accompagnés par des enfants pouvaient marcher sur l’Élysée pour balancer notre dernier grand homme à la Seine, parce que l’état gaullien était un village Potemkine. L’armée n’aurait pas sauvé le pouvoir, et un même un carnage hollywoodien n’aurait fait que galvaniser les émeutiers pour les faire courir plus vite vers le palais présidentiel. Pour le dire clairement, la France d’alors n’avait déjà plus les moyens de sa souveraineté, en dépit des sornettes écrites dans le roman National. Ce n’est pas moi qui le dit, mais Pompidou en personne, via la plume d’Alain Peyrefitte.
Petite anecdote pour vous en convaincre: alors que les émeutes commençaient à s’étendre en province, le ministre de l’intérieur avait demandé à son collègue des armés qu’il lui envoie des gendarmes, ce à quoi il lui fut répondu à peu près ceci: « Dans quel monde tu vis, mon vieux? Si on arrive à tenir Paris, ce sera le bout du monde. Dis à tes préfets de négocier, ils sont tous seuls. »
La France ne dût son salut qu’au seul besoin qu’avait notre allié américain d’une Europe de l’ouest maintenue dans sa souveraineté. Le deal de Yalta prévoyait que les soviétiques ne pourraient pousser leurs avantages jusqu’à l’atlantique sans subir le feu nucléaire, et c’est ainsi que Moscou a donné l’ordre aux communistes Français de sauver le régime en renvoyant les gauchistes chez eux, d‘où les plaisanteries de Georges Marchais sur « le juif Cohn-Bendit » à la une de l‘Humanité. Pompidou était à la manœuvre. Au sortir des conseils, il disait à ses ministres que « les deux Georges » (lui et celui de la CGT) sauveraient la situation, qu’il suffisait de laisser le vieux s’amuser à taper sur la table comme s’il commandait vraiment à des armées.
Ça c’est passé comme je vous l‘explique. Nous fûmes maintenus en vie par l’étranger, en mai 68, et la cinquième colonne étaient pourtant moins fournie que celle d’aujourd’hui, celle qui attend l’appel des minarets.
Ceux qui aiment vraiment la France posent avant toute chose qu’elle n’est plus rien depuis 1940. Les autres ne recherchent que le frisson procuré par sa grandeur passée, quand on l‘évoque en fin de banquet.
(*) Fake!
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07.05.2008
Haste problem?
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06.05.2008
Alain Soral à Grenoble
http://ilikeyourstyle.net/index.php/2008/05/07/a-vos-agendas/
A vos agendas!
A l’invitation de l’association des maurrassiens à babouches, Alain Soral sera à Grenoble le 7 mai 2008 à 19H30.
Attention, il s’agit bien de l’année 2008. Parce que le 7 mai 2018 à 19H30, A. Soral sera à Guantanamo avec ses amis les maurrassiens à babouches. Comme le 7 mai 2019, 2020, 2021…
Les mois de mai suivant son décès, il sera de retour à Paris, dans le carré musulman du père Lachaise, parce que les occidentaux sont des gens civilisés… Pas comme les amis d’Alain Soral et des maurrassiens à babouches.
Après la conférence du philosophe, le célèbre humoriste de Paris Dieudonné M’Bala M’Bala jouera un sketch avec un vieux militant de l’Action Française locale. Ils imiteront un Juif.
La soirée se terminera par l’irruption dans la salle d’une célèbre troupe de jeunes sionistes qui exécuteront un numéro de lancer de chaises et de tables (sous réserves).
Prix d’entrée: 4 € - 3000 € dont 900 € avec sursis en cas de dérap. verbale et calembour de chiotte qui date de Pétain. Gratuit pour les personnes munies d’une batte de Base-ball.
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04.05.2008
XP déniche les talents
http://ilikeyourstyle.net/index.php/2008/05/03/xp-deniche-les-talents/
Je suis fier de moi.
Je viens de découvrir la plus grosse des buses mongoliennes qui squatteront le paysage médiatique dans les 20 prochaines années.
Il s’appelle Sébastien.
Sébastien Lapaque, pour être précis.
Il a tout pour lui. Il est encore jeune, il a un physique, il est stupide au point de s’offusquer de compliments qu’il ne comprend pas s’ils sont enrobés dans une métaphore et s’en réfère à de Gaulle pour dénoncer les rafles des tis nenfants sans papiers à la sortie des écoles (rires).
Il dénonce les forces de l’argent, se félicite que tous les enfants sub-sahariens veuillent devenir français en s‘imprégnant de notre belle culture, mais se désole que Sarkozy tente sournoisement de briser leurs rêves en supprimant la princesse de Clèves des programmes. Ça le contrarie d’autant plus, le gros Sébastien, que tous ces futurs Senghor tombent à pic pour remplacer les jeunes bourgeois, ces atlantistes congénitaux qui ne rêvent que d’ Australie ou de Californie …
Si on ne tient pas un champion du monde, je veux bien m’en arracher une. Je m’y engage, même. Je l’enverrai à Serge Lama, pour l’aider dans sa cause Tibétaine. Ce sera symbolique bien sûr, mais ça fera très mal quand même. A moi et aux Chinois.
Sébastien place donc tous ces espoirs dans la submersion ethnique de la France, mais il est de droite. Il n’a pas peur de le dire en face. Même si ça dérange les gens. Il est politiquement incorrect Sébastien. Comme Jeanne d’Arc, de Gaulle et Michel Jobert. C’est comme ça.
S’il est de droite, Sébastien, c’est parce qu’il est attaché à la tradition. L’imparfait du subjonctif, la princesse de Clèves, les traits d’esprits vachards de Philippe de Saint-Robert quand un libéral lui casse les couilles, Aimé Césaire citant voltaire, la dictée de Pivot, et tout et tout. Il n’aime pas les Mangas et les femmes à poil sur les sites décadents, Sébastien. A ça non. Pas dans la tradition, ces conneries. Si on donnait le pouvoir à Sébastien, les noirs danseraient bientôt la bourrée de l’auvergne jusqu’aux deux Savoie, pendant que les bourgeois seraient coupés de leurs racines, en prise au matérialisme et la despiritualisation du monde quelque part dans la Sillicon Valley. Ils seraient bien attrapés.
Une bête de foire, Ce Sébastien. C’est moi qui vous le dit. Si j’avais de l’argent, je le ferais tourner dans les fêtes foraines. Je le foutrais derrière un rideau, et les gens me donneraient un tas de pognon pour les voir, lui, ma liliputienne, mon asiatique à deux têtes, et ma grosse de 230 Kg.
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03.05.2008
Kitty cat dance
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02.05.2008
Nous sommes des peintres
http://ilikeyourstyle.net/index.php/2008/05/02/nous-sommes-des-peintres/
J’ai envie d’apporter ma pierre au passionnant débat qui depuis la publication de l’article de libé anime la réacomachin, le bocal à cornichons.
La politique ne m’intéresse pas.
Je prétend d’ailleurs n’en parler nulle part et jamais, si ce n’est peut-être à mon corps défendant, quand ma plume m’échappe pour aller foutre en l’air un billet. Pour en faire, de la politique, il faut avoir des idées, et moi, je n’en ai pas. Il faut aussi se soucier de la foule et de son bien-être et je ne suis pas nanti de cette prestigieuse qualité morale. Mais ce qu’elle requiert surtout, c’est que notre sel soit jeté dans une marmite qui n’est pas la notre et que nous fassions des textes qui servent à quelques choses, si par hasard nous avons la manie de faire des textes.
C’est vraiment là que le bât blesse. Quand on laisse entendre que mes puissants effets de style pourraient servir à quelque chose, je me sens sali, insulté, moqué par les gueux, comme si je peignais dans un atelier et que les enfants d’un serf déboulaient avec de la morve pleins leurs nez pour me demander à quoi ça sert, ce tableau, si ça se mange et quand est-ce qu’on mange, s’il faut le couper en morceau avant ou après l’avoir balancé dans le four communal.
Voilà, c’est ça. Je suis un peintre. Je vois des choses, et je les trace sur du papier. Quand elles suscitent ma colère, je me sers d’elle comme d’une couleur et si d’aventure une gueule m’inspire l’envie de taper, je l’écris et m’acharne sur ma proie pour les mêmes raisons qui faisaient faire à Daumier de très longs nez ou ressortir des teints cireux de malades.
C’est tout. Je ne prétend pas avoir du style, faire de la bonne littérature et ni même de la vraie, mais j’affirme en revanche que l’envie est là et qu’il n’en ait pas d’autres.
Il y a quelques temps, j’ai écrit un texte que je trouve encore réussi, en dépit des années qui sont passées sur lui. C’est rare. Il s’agissait d’un portrait de Monseigneur Gaillot. Deux personnes de ma connaissance que j’ai depuis chassé de ma mémoire à coups de pieds m’avaient dit qu’il n’était pas assez argumenté. Je n’avais que timidement protesté. J’étais jeune, à l’époque. C’était il y a deux ans. Depuis, j’ai acquis une maturité qui a fait de moi un homme beaucoup plus asocial. Je n’avais pas dit grand-chose, mais j’ai beaucoup songé à cette remarque frappée au coin de la stupidité, et j’ai compris du croquis qu’il devait précisément sa gueule à ce qu’il était vierge d’arguments, que mes convictions étaient cantonnées à leur place, à savoir celle d’une matière dont je me fous éperdument quant il ne s’agit pas de la jeter dans le grand œuvre.
Il faut toujours fréquenter les imbéciles. Il convient d’en changer souvent pour l’hygiène, mais si vous en avez à portée de regard, vous pouvez les observer pour démonter la puissante mécanique qui les font se fourvoyer. Ça permet d’apprendre des trucs. Les deux miens s’imaginent voir la cité comme elle est sans le secours de l’art, et de fait n’entendent rien à l’art, et rien aux choses de la cité. Ils ont la sociologie pour comprendre, et l’art pour se distraire. Qu’ils sont cons, ces deux. J’espère que Dieu les punira comme il convient. En attendant ce grand soir, je vais bientôt lui prêter main forte et les croquer. Ce sera très méchant, assez précis pour qu’ils se reconnaissent, mais assez flou pour les traiter de paranoïaque quand ils diront partout que je suis un salaud. On va bien s’amuser.
Tenez, j’y pense, l’un d’eux me parlait souvent de la violence de mes couleurs, et de fait, ma prose lui semblait une mine pour cerner non pas ce monde qui nous entoure pourtant tous les deux, mais le contenu de mes entrailles et le misérable petit tas de secret que je traîne avec moi. Cela m’a bien sûr fait penser à cette histoire du chinois qui montre la lune devant un autre chinois plus con que ses pieds, mais plus encore à Swift et sa fable de l’abeille et de l’araignée, puisqu’au lieu d’aller butiner avec moi, il préférait se nourrir des insectes qui sont dans mon ventre comme ils sont dans nos ventres à tous.
La littérature n’est pas faite pour cette misérable époque, mais pour celles des abeilles. Elle exige tout à la fois que l’on se foute de ce qui se trame derrière nos murs et qu’ils soient tenus pour inviolables et sacrés. Mais voici le temps des araignées, des psychologues et du Docteur Freud, des mangeurs d’entrailles, des salauds qui veulent du bien à l’autre et qui pour se faire arrachent son cœur et ses reins pour les étendre en place public et les disséquer. Notre civilisation est en train de jeter à la rivière ce que ses pères grecs ont laissé de plus précieux, à savoir cet art de séparer la chose domestique et celles qu’on évoque sur l’Agora pour qu’elles ne se salopent pas entre elles. Depuis que nous ne savons plus tenir le Moi pour haïssable, il est exposé sur la place, piétiné, et plus rien de grand ne sort de cette glaise.
Un jour, il faudra bien nous décider à tuer les psy. Tous. Pour que reviennent les poètes.
01.05.2008
Éloge du mauvais goût.
Moi, j’ai très mauvais goût.
Le matin, je bois de la Ricoré, par exemple. Il m’est parfois arrivé de déguster un Bolino alors que je n’avais même plus de gaz pour faire chauffer l’eau, de faire couler le robinet assez longtemps pour qu’elle devienne tiède, et de le consommer devant le porno de Canal sans être abonné. Il suffit d’avoir de l’imagination, c’est tout. Je n’avais même pas l’excuse du manque d’argent, il s’agissait simplement de paresse et de goût de chiotte.
Il y a quelques jours, je me suis fait une vieille. 29 ans la fille. A peine quelques années de moins que moi. Quand elle est partie, je me suis laissé dire un instant que j’étais pire qu’une bête et que les aristocrates du grand siècle savaient à mon âge se réfréner jusqu’à ce qu’une jeune dame de seize ans leurs échoient, mais moi, je suis d’une époque où tout est perdu. Ça sent l’Apocalypse, tout ça.
J’ose à peine vous avouer mes penchants en matière de vin, de lunettes ou de plaisanteries. Malgré mes efforts constants, les seules bouteilles que j’ai su apprécier furent celles que je savais pouvoir finir avant d’en ouvrir une autre. Aux premiers beaux jours, je met des lunettes noires très fines, qui forment une bande, comme celles de Bob Dylan dans les sixtees (7 € chez les noirs qui les vendent à la sauvette). Pour les blagues, Je ne sais pas si je peux décemment les mettre par écrit. Il n’y est question que du Pape qui roule en Ferrari pour aller voir des matchs de foot, de pédés très riches qui s’enfoncent des montres Cartiers dans le cul pour les offrir en cadeau d’anniversaire à leurs amants et leur faire une bonne surprise. Enfin bref, j’ai honte.
J’ai honte quand il ne fait pas beau, mais dans les bons jours, je me vois comme un sage. Un gars aussi peu exigeant à l’égard des choses terrestres sera mûr un jour pour le retrait dans un monastère ou dans sa chambre, comme le suggère Pascal à ceux qui ambitionnent de ne pas ruiner leurs vies par des folies. J’en profiterais pour relire Maître Eckart. Même si je n’atteint jamais ce niveau, je deviendrais un vieux qui se rendra aux noces en enfilant rapidement une veste et une cravate pour les photos, mais qui gardera ses chaussons parce qu’il aura mal aux pieds. Dans un vieux film des années 70, Jean Rochefort joue un présentateur de J.T tellement indéboulonnable de sa chaîne qu’il porte en haut le costume réglementaire pour le respect du public, mais se promène en caleçon dans la rédaction avant la prise d’antenne, pour bien signifier à son monde qu’il l’emmerde. L’élégance, la vraie.
Tout ça pour vous parler de quoi? De Finkielkraut. Il s’en est pris à Sarkozy et ses goûts assumés de limonadier enrichi par le travail et la fraude fiscale…. Antienne classique des faux érudits dont il n’est pas, et des hommes toutes en fausses profondeurs qui maîtrisent l’art de balancer des phrases de bistrots comme s’ils parlaient depuis Port-Royal. Quand on prétend à la philosophie, on doit pourtant savoir qu’il en va des choses de l’art et de l’esprit comme des produits fabriqués, que ce sont des vanités, qu’ici bas tout est vanité. Comment ne comprend-t-il pas qu’il est à peu près aussi vulgaire et putassier de se pavaner en suggérant m’as-tu vu dans ma jolie décapotable que m’as-tu vu dans ma jolie bibliothèque, et qu’il y aurait bien davantage à craindre d’un rat d’exposition qui se retirerait dans un cloître pour méditer sur sa charge? Louis II de Bavière affirmait que s’il avait une province à punir et ruiner, il la ferait gouverner par un philosophe.
Du reste, Finky appuie son gros poncif sur une contre vérité historique, puisqu’il oppose les goûts de Sarkozy pour la camelote au raffinement du Général de Gaulle. Mauvaise pioche, car celui-là était le premier client de toutes les pantalonnades que donnait sa télévision, et que les vachettes où les pitreries d’Henri Salvador lui agréaient bien plus que les Opéras qu’il regardait au balcon avec deux boules quiès dans les oreilles.
La sanctification de la chose culturelle me fait toujours songer au nègre Senghor dont on nous disait pour bien nous faire toucher du doigt son amour des lettres qu’il allait lire à Cajarc avec Pompidou. Qu’est-ce qu’ils avaient besoin d’aller lire à Cajarc, ces deux-là… C’est aussi le Chorégraphe Béjart qui me vient alors à l’esprit, lui qui après avoir évoqué les airs qui sont pour le matin quand d’autres sont pour le soir, déclare sans rire ne pas pouvoir se lever avant d’avoir écouté Ravel. Ah bon. Les jours où il a oublié son disque, il restes au lit, ducon?
Nos temps sont englués dans le matérialisme, c’est une affaire entendue, et cet attachement matériel et boursouflé aux choses immatérielles en est la preuve éclatante. L’époque est emprunte d’une lourdeur qui fait songer aux brumes de l’enfer, mais c’est dans cette propension à consommer du raffinement qu’elle se dévoile dans toutes son épaisseur. Un gourmet qui se délecte autour d’une grande table en se disant qu’on est bien en France aux heures où elle sombre, c’est bien plus dégoûtant qu’un porc qui se goinfre, aux yeux de qui sait voir le monde comme un Présocratique, sans chasser ses premières impressions et sans rien n’accoler derrière elles.
Il m’est arrivé de haïr et répudier soudain des amis après les avoir vu manger lentement, comme s’ils avalaient un bout de ciel. Beaucoup ne savent pas pourquoi je les ai chassé de mon estime sans y mettre les formes. C’est qu’ils ne sont ni poètes, ni philosophes.
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